Inerview

Interview de Céline Par Caroline Lamy - ADL

12/06/2014 -

Evolution de parcours / Rappelez-vous... / La Ferme de Durbuy à Warre

Par Caroline Lamy, mai 2014

Il y a 4 ans, l'ADL était allée à la rencontre de Nicole Cosse et de sa fille, Céline, afin d'en apprendre plus sur "La Ferme de Durbuy" dont les activités principales sont l’hébergement (1 gîte de 14 personnes et 5 chambres d’hôtes), la table d’hôtes ainsi que l’organisation de banquets et de séminaires).

Aujourd'hui, nous retrouvons Céline, seul maître à bord.

Elle nous raconte sa reprise de l'entreprise familiale, son actualité bien chargée et ses défis pour demain.

Rencontre avec une jeune femme dynamique et pleine d'idées !


ADL : Bien de l'eau a coulé sous les ponts depuis notre rencontre en 2010...

Céline Foulon : En effet ! En septembre 2013, j'ai repris l'entreprise familiale dans laquelle j'ai travaillé durant 8 ans. Après pas mal d'hésitations d'ailleurs car, à la base, c'était un projet que j'avais avec mon frère. Ce dernier ayant eu des soucis de santé, je me suis dit que, seule, je n'y arriverais pas. La société a donc été mise en vente. Et puis, l’an dernier, une succession de beaux projets et de chouettes rencontres avec des clients m’a fait changer d’avis. Après avoir rencontré les banques, j’ai emménagé dans le bâtiment, à la place de mes parents. Une nouvelle page est en train de s’écrire…

ADL : Reprendre la société de ses parents : facile ou pas ?

C.F. : C’est très compliqué. Pour eux comme pour moi, d’ailleurs. Voilà seulement qu’on arrive à trouver un équilibre. Cette entreprise, ça a d’abord été leur bébé : ils y ont investi beaucoup de temps, d’argent et d’énergie. Durant les 8 années passées à travailler à leurs côtés, j’ai appliqué leurs principes. Par contre, quand j’ai repris la société, j’ai changé pas mal de choses : j’en avais besoin. Certes, j’ai gardé l’esprit donné au bâtiment mais il y a des touches « Céline » un peu partout : un peu plus de moderne, du rose à gauche et à droite, une réception agrandie, un coin salon pour les hôtes, etc.

ADL : Vos parents ont-ils tendance à s’immiscer dans votre gestion ?

C.F. : Au début, ils le faisaient. Vous savez, pour eux comme pour moi, ça a été un gros stress, un énorme challenge. Sans compter que j’ai repris l’activité durant la basse saison. Moi, je croyais au développement de l’entreprise sans me rendre compte de toutes les responsabilités. Mes parents, eux, n’arrivaient pas à se dire « on la laisse voler de ses propres ailes » parce qu’ils connaissaient les responsabilités et les charges liées à l’entreprise. Mais, maintenant, quand ils rentrent de France (NDLR : les parents de Céline vivent en France et ne reviennent que quelques jours par mois à Durbuy) et qu’ils s’aperçoivent que les chambres sont louées, que le carnet de réservations se remplit bien… je les sens admiratifs et fiers. Ils n’ont plus rien à me dire : j’ai gagné leur confiance.

ADL : De plusieurs personnes à travailler pour « La Ferme de Durbuy », vous vous retrouvez seule. Comment gérez-vous cela ?

C.F. Je dois maintenir le cap. Je n’ai pas d’autres choix que de trouver des solutions pour booster l’activité. Il faut vraiment que je me bouge pour faire tourner la société. J’ai participé à des foires et salons, mis en ligne un nouveau site Internet ou encore suis passée dans l’émission « Bienvenue chez nous »* de TF1.
(*NDLR : Durant une semaine, 4 couples de propriétaires de maisons d'hôtes se reçoivent à tour de rôle les uns chez les autres... Chaque couple de propriétaire est jugé et noté sur 5 critères : - l'hospitalité et la convivialité ; la maison et ses extérieurs ; la qualité des services proposés (découverte de la région, activité, dîner) ; la chambre ; le rapport qualité / prix)

ADL : Justement, pouvez-vous nous parler de votre participation à cette émission ?

C.F. : C’est le fruit du hasard le plus complet. Hasard qui, au final, aura bien fait les choses. 
Il me fallait de nouvelles photos pour mes dépliants et mon site Internet. Je me suis donc rendue chez un ami de ma sœur qui fait de la photo et qui est également propriétaire de chambres d’hôtes. C’est lors de cette séance photos qu’il m’a parlé de l’émission de TF1, à laquelle il a lui-même participé, et qui a eu un impact plus que positif sur ses réservations.

En rentrant, j’ai pris mes renseignements sur le site internet de TF1 et j’ai envoyé ma candidature. La procédure de sélection étant assez longue et rigoureuse (questionnaires, photos, interviews…), j’avoue que je n’y croyais pas trop. Tout comme j’avoue également que participer à ce genre d’émission n’était pas mon désir le plus cher. « La Ferme de Durbuy », c’est un peu comme mon bébé, et je savais qu’elle allait être critiquée. J’ai vraiment pesé le pour le contre avant d’envoyer ma candidature. Mais économiquement parlant, je devais prendre ce risque. Tout ça a pesé dans la balance et je me suis dit « Lance-toi ». Mon inscription était donc purement commerciale.

Ceci étant, je dois dire que, sur le tournage, je me suis vraiment bien amusée ! Je ne voulais pas rentrer dans la « compétition » mais plutôt rester fidèle à moi-même : souriante et spontanée. La production m’a alors rappelé que tout le monde n’est pas « beau et gentil » et que je devais donner des critiques et faire des remarques car les autres candidats, une fois chez moi, ne s’en priveraient pas. Pour le reste, j’ai un peu pris ce tournage pour des vacances avec ma maman car il s’est déroulé juste après mon déménagement, la reprise, les foires et salons… et que j’avais vraiment besoin de décompresser. C’est peut-être ce qui a fait qu’on s’est démarqué.Commercialement, les retours sont donc extrêmement positifs : j’ai énormément de gens qui m’appellent pour réserver un séjour.
Si je devais le refaire, je n’hésiterais pas !

ADL : Quels sont vos défis d’aujourd’hui, vos actions prioritaires ?

C.F. : Le premier objectif que je me suis fixé est l’autofinancement de la société. J’y suis presque… 
Deuxième objectif : engager du personnel. Ce sera fait d’ici quelques jours avec l’engagement d’une personne à temps-plein. Je me suis toujours dit que le jour où j’arriverais à créer de l’emploi, ce serait une grande victoire. Je suis donc très fière. Ce temps-plein va me permettre de déléguer une partie du travail et puis, c’est aussi une manière de faire évoluer la société. Je devais démarrer seule mais pour faire connaître à l’entreprise une croissance exponentielle, il me fallait également envisager l’engagement d’une personne rapidement. 
Enfin, tout au long de cette année, mes priorités vont se porter sur des aménagements divers dans le bâtiment. Il faut savoir que certains d’entre eux datent d’une dizaine d’années. Un bâtiment demande un entretien continuel : il faut sans cesse rafraîchir, réparer, amener de la nouveauté, etc.

ADL : Et vos projets pour demain ?

C.F. : Je souhaiterais vraiment développer le volet banquets, mariages et autres fêtes de famille. Pouvoir concentrer un maximum de mon énergie sur le week-end avec, le dimanche soir, un retour direct du client et la satisfaction du travail bien fait ! D’ici quelques années, si j’ai réussi à développer correctement cette activité, je pourrai consacrer la semaine à la gestion courante de l’entreprise ainsi qu’à l’accueil de séminaires. Bref, m’organiser pour faire en sorte que je sache quand les clients arrivent pour pouvoir aménager mon temps de travail. Vous savez, mes parents ont arrêté leur carrière professionnelle assez tôt parce que, justement, ils étaient ouverts 7 jours sur 7. C’est très enrichissant de rencontrer les gens mais c’est aussi donner de sa personne 24h/24. Ce métier, j’ai envie de le faire et de le faire avec le sourire. Ne pas, dans 10 ans, ne plus savoir comment je m’appelle, être devenue aigrie et agressive. Je souhaite donc pouvoir gérer mon temps de travail pour tenir sur la durée.

Par contre, et je tiens à le préciser, il n’est pas question de doubler la surface de la ferme pour accueillir plus encore. Ce n’est pas la place qui manque mais je ne veux pas faire quelque chose de plus grand car ça va perdre de sa personnalité. D’un endroit « familial » on passerait à un lieu « commercial ». C’est hors de question !

ADL : A quoi ressemble une journée de Céline à « La Ferme de Durbuy » ?

C.F. : Tout dépend s’il s’agit d’une journée qui se déroule en semaine ou durant le week-end. Ceci dit, depuis « Bienvenue chez nous », les semaines prennent des allures de week-end ! Ce qui n’était pas forcément le cas avant : les semaines étaient plutôt calmes.

S’il y a des clients, la journée commence par la préparation du petit déjeuner et le service en salle aussitôt suivis d’un passage auprès des animaux (chèvres, chevaux et poneys) avec les clients. De 12h à 16h, je m’installe derrière mon bureau pour gérer le travail administratif et, à partir de 16h, je retourne en cuisine pour la préparation de la table d’hôtes. En général, les clients quittent la table vers 21h ou 22h. Je repasse alors encore 1 heure ou 2 au bureau. 
Je suis fatiguée mais super contente et bien dans mon projet !

ADL : La devise de votre maman était : « Une offre exclusive pour la clientèle ». Est-ce aussi la vôtre ?

C.F. : Ma ligne de conduite, c’est le côté « ferme », le côté « familial et simple de l’accueil ». Quand les clients s’en vont, il y a vraiment eu une rencontre entre nous : ils m’appellent « Céline », on a partagé des bouts de vie. C’est d’autant plus vrai quand il s’agit de clients que je vois plusieurs fois pour la préparation de leur mariage (pour visiter les lieux, goûter ma cuisine, faire ma connaissance…). Idem le jour J : je suis là à 100% pour eux et avec eux. Je garde donc cet aspect « exclusivité » en ligne de mire également. S’il y a un mariage à la ferme, par exemple, l’ensemble du site est réservé aux mariés et à leur famille respective.

 
La Ferme de Durbuy s.a.
Céline Foulon

Warre 72 - 6941 Tohogne

Tél.: 086 21 44 44 - Fax: 086 21 44 77

info@fermededurbuy.com - www.fermededurbuy.com